Ir qiet em pa ankh, Nefer sou emem naï hesout, Iryet as, ben sou dy ! Areq inek paï, meroutet, itjes oui
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Poeme hiéroglyphes, traduction Serge Rosmorduc (Université Paris 8)

Une jolie traduction en hiéroglyphes (époque Ramsès II) du poème La Glace par Serge Rosmorduc université Paris VIII.

 

La traduction littérale :

 

Quant à ton image dans le miroir,

C'est beau parmi mes poèmes,

Agis vite, elle n'est plus là !

C'est mon dernier ton amour m'a saisi.

 

Le plus gros problème étant de rendre je t'aime, il a préféré utiliser une périphrase provenant des chants d'amour.

Une très vague idée de la prononciation :

Ir qiet em pa ankh,

Nefer sou emem naï hesout,

Iryet as, ben sou dy !

Areq inek paï, meroutet, itjes oui

Comment peut-on imaginer savoir comment parlaient les égyptiens de cette époque.. je n'en sais rien!. Un poème d'amour traduit dans ces jolis glyphes égyptiens, est je crois, quelque chose d'inédit... Et c'est certainement le premier poème au monde traduit en hiéroglyphes!

L'écriture hiéroglyphique apparait vers -3200 et la dernière inscription trouvée date de +394. Elle ne fut véritablement inventée que le jour, ou suivant le principe du rébus on s'avisa de représenter par un même signe deux mots de sens différent mais de prononciation identique. Les phonogrammes sont choisis parmis les idéogrammes mais sont désormais utilisés non plus pour leur valeur d'évocation visuelle mais pour leur valeur phonétique. Les mots s'écrivent à la suite sans séparation entre eux, et lorsqu'on veut les lire, des personnages animés indiquent le sens de la lecture qui peut être: gauche droite, droite gauche, haut bas, bas haut. Longtemps restée mystérieuse, Champollion est le premier à comprendre le sens de l'écriture hiéroglyphique. L'examen minutieux de la pierre de Rosette, décret en l'honneur de Ptolémée rédigé en égyptien (version démotique, et version hiéroglyphique) et en grec, lui permet avec la certitude sur les noms propres d'isoler une base sure pour amorcer son déchiffrement (1822). Les hiéroglyphes n'étaient pas considérés par les Egyptiens comme de simples dessins immobiles. D'après leurs croyances, toute forme sculptée ou dessinée était suceptible de s'animer magiquement, chaque signe étant ainsi une enveloppe virtuelle, potentielle, de la vie. C'est pourquoi, dès les "textes des pyramides", certains signes comme le serpent, le crocodile, qui risquaient éventuellement de devenir dangereux, ont été coupés en deux par le sculpteur: le sens du mot demeurait, mais le signe devenait inoffensif. On comprend mieux pourquoi les scribes constituaient un corps d"élite, car ils possédaient une science dont les conséquences pouvaient éventuellement se révéler redoutables.