Poème d'amour mbayá

Niguigo

Cadiguigo

Yotaga paga elegi

Adinoenita, iyobate igote

Yoguidi me yemani

Traduction mbayá par Juan Manuel González Bréard
Doctorant en Lettres de "la Universidad Nacional del Nordeste de Argentina"
Il travaille à l'Instituto de Investigaciones Geohistóricas (IIGHI-UNNE/CONICET)
Poème d'amour mbaya

Recueil de poésie "La Glace"
Version originale
Poème la glace

Les explications données par Juan Manuel

Cadiguigo = Tu espíritu, imagen, alma = Votre esprit, image, âme,

Yotaga paga elegi = Mi palabra más hermosa = Mon plus beau mot,

Adinoenita, iyobate igote = Apróntate aquella se va, desaparece = Préparez-vous qu'on s'en aille, disparaisse,

Yoguidi me yemani = Es mi último te amo = C'est mon dernier je t'aime!

Cette traduction en Mbayá, me semble être la plus proche de ce que contiennent les archives du jésuite Sánchez Labrador, et pour le titre je suggère "niguigo", qui si il ne signifie pas miroir, signifie image ou esprit.

Sánchez Labrador, est le jésuite qui a documenté le mbayá, et il ne mentionne nul part le mot miroir dans sa grammaire. Dans son dictionnaire, qui date de la même époque (milieu du XVIIIe siècle), on trouve un néologisme pour "lunettes", qu'il présente ainsi: "ligecoga lelegaichi" "miroir de ses yeux". "lelegaichi" serait un miroir! Cependant ce mot est un néologisme proposé par le jésuite et non par la communauté; il note aussi "ligecoga libiago" "compagnon des yeux" pour dire lunettes.

Ainsi, la communauté mbayá-eyiguayegi n'aurait pas de mot pour miroir, mais dans "niguigo" et "caduveo niwigo", on a esprit ou image.

Actuellement, pour dire "miroir", les Kadiwéu ou Caduveo utilisent le mot "noleeGaxi" qui ressemble à "lelegaichi"... je vais enquêter sur cette relation.

NoleeGaxi

Gadiwigo etadi mida noleeGaxi

YotaGa libinienigi

Pida adinoeni, niGidaa iale

“Gademaa” owidijegi

Çi-dessus la traduction en caduveo (kadiwéu) que propose Juan Manuel González Bréard.

Langue mbayá

Je suis très fier de vous présenter mon petit poème d'amour traduit dans une langue aujourd'hui éteinte le mbayá (mbaya), une langue waykuruane qui était parlée dans le Gran Chaco sur trois pays: l'Argentine, le Brésil et le Paraguay, ainsi qu'en kadiwéu, la langue qui en descend, et qui est parlée aujourd'hui au Brésil par moins de 1 500 personnes.

La langue mbayá appelée aussi (mbayá-eyiguayegi, mbayá-guaycurú, guaycurú, mbaya, eyiguayegui, eyiguayegi, kadiwéu, ejiwajigi, caduvéo, mbaya-guaikuru, cadiuéu, ediu-adig, kadiweo, autonyme: goniwoladi ejiwajegi), est la langue waykuruane des Mbayas qui sont des Guaycurús.

Cette langue était parlée dans la Mission de Belén au milieu du XVIIIe siècle, dans l'actuel Paraguay (dans l'actuelle ville de Belén, une ville sous les tropiques).

Actuellement au Brésil, à Porto Murtinho, Mato Grosso do Sur, il y a ceux qui se reconnaissent comme Ejiwajegi, mais sont connus comme Kadiwéu. La langue des Kadiwéu-Ejiwajegi est apparentée à celle des Mbayá-Eyiguayegui, mais ces deux variétés sont différentes.

Une seule de ces deux langues est actuellement parlée "le kadiwéu", l'autre "le mbayá" ne l'est plus. Elles constituent toutes les deux, la branche nord de la famille des langues guaycurú.

À Asunción, ce peuple était connu sous le nom de Mbayá ou simplement de Guaycurú, mais quand la ville qui a été investie par le jésuite José Sánchez Labrador, au milieu du 18ème siècle (entre 1760 et 1767), il lui a été désigné sous le nom d'Eyiguayegui, le religieux l'a donc appelé Mbayá-Eyiguayegi.

Le mot mbayá peux être mis en relation avec le mot guaraní mbocayá (mbokaja) qui signifie palme ou palmier. Et d'après Sánchez Labrador, Eyiguayegui (Ejiwajegi), signifie "los que pertenecen a la palmera eyigúa o eyiguá" = ceux qui appartiennent au palmier eyigúa ou eyiguá.

Si le mot caduveo a été proposé au XIXe siècle par Guido Boggiani, il faut noter que le mbayá n'est pas reconnu comme étant du caduveo (kadiwéu) ou autres synonymes. Par contre le caduveo (kadiwéu) a été reconnu comme étant du mbayá au XIXe siècle.

Après José Sánchez Labrador, les missionnaires, remarquèrent la proximité qui existe entre les langues Mbaya, Mocobi, Yapitalaga et Abipona.

Les Guaycurús comme leurs voisins étaient des peuples chasseurs cueilleurs, donc nomades qui vivaient de la pêche, de la chasse, et de cueillette de racines et de fruits.

Leur nation était organisée en Caciques, c'est à dire en groupes qui avaient un territoire sur lequel ils se déplaçaient. Fixer des limites territoriales, est donc très difficile, car ces nomades qui se déplaçaient en permanence changeaient de lieu en s'interpénétrant entre eux.

La Nation Mbayá (Guaycurú) comprenaient sept groupes principaux: Les Eyybegodeguis (ceux du Nord); Les Guetia Degodis, (ceux qui habitent la montagne), qui les sépare des Chiquitos; Les Cadiguegodis, qui vivaient à proximité d'un ravin appelé Cadiguegui; Les Lichagotegodeguis (ceux de la terre rouge), vivant auprès de la rivière Tarciri; Les Enacagás, (ceux qui sont cachés), peut-être en raison d'une de leur croyance qui disait qu'ils étaient sortis de la terre), ils vivaient près de la rivière Mboimboi; Les Gotocoguegodeguis, (ceux du Cañaveral), qui vivaient entre l'Yguariy et le Mboimboi; Les Apachodegoguis qui vivaient dans la Campo de los Avestruces.

Les Espagnols les décrivent comme très braves, dignes, forts, grands et élancés, et à part eux aucune nation n'a pu les vaincre. Les hommes sont nus, quand aux femmes, elles couvrent leur bassin. Les femmes laissent leur tête nue en s'arrachant les cheveux. Les hommes font de même, sauf une touffe qui est chez les Mbayáes l'emblème distinctif des garçons.

Ils les décrivent aussi comme aimant l'ivresse et les guerres avec les Abipones, les Frentones et les Chiriguanos, et cela à cause de coutumes liées à la dignité.

Chez eux, comme pour leurs voisins, ce mot dignité était important. Dès le plus jeune âge, ils leur fallait montrer leur force et leur bravoure au travers d'épreuves de blessures qu'ils s'infligeaient tout en ne montrant pas leur douleur. Ces épreuves étaient obligatoires pour faire partie de la noblesse.

Autre langue waykuruane
Moqoit
Poème traduit en mbayá (502 langues)