Poème d'amour cheyenne

Amôhóomâhtsestôtse

Ta’se, Ne-amôhóomâhtséstoto.

Kásôxe'ohe, Na-háe-momé'hemenó’to'e,

Naa oha, é-nêšévo-hová'âhanéheotse.

Na-ho'óxeve, “Né-méhotâtse.”

Traduit en cheyenne par Joyce M. Twins
Professeur de cheyenne & membre du bureau des Affaires indiennes
Ta’se, Ne-amôhóomâhtséstoto.  kásôxe'ohe, Na-háe-momé'hemenó’to'e,  Naa oha, é-nêšévo-hová'âhanéheotse.  Na-ho'óxeve, “Né-méhotâtse.”

Version originale
Poème la glace

Celle que je préfère

Ce n'est pas la première traduction que j'ai reçue, et de loin, puisque j'ai attendu presque dix longues années pour la trouver. Et pourtant c'est la première que j'ai cherchée, la seule que je voulais.

Je me suis toujours dit, que ce serait l'acte le plus poétique qui soit, que de traduire mon poème en cheyenne. Quel language parlent les femmes, si ce n'est le cheyenne? Leur langue à l'évidence, ne peut-être que celle là!

Et c'est à force de chercher, que j'ai trouvé d'abord du maya et puis les hiéroglyphes. Ces deux traductions avec le mystère de leurs glyphes, me disaient que je m'approchais de la langue des femmes.

Mon envie première était vraiment de traduire mon poème en cheyenne, et seulement en cheyenne. A défaut et par hasard, il l'a été en hiéroglyphes et maya. Ensuite, avec tous ces gens qui se sont prêtés au jeu de la traduction, tout s'est enchaîné, pour devenir un jeu, un amusement, une entrée dans un monde nouveau et mystérieux.

Et puis un jour, un enseignant de cette langue est apparu. Sa lointaine réserve indienne enfin se rapprochait.

De toutes mes traductions, c'est vraiment celle que je préfère, maintenant vous savez pourquoi! Femme cheyenne je te dédie ce poème d'amour.

Femme Cheyenne

Poème pour les femmes des tribus indiennes cheyennes (tsėhésenėstsestȯtse). Les Français les ont baptisé les Chiennes, devenu Cheyenne. J'ai un faible pour le Cheyenne et les langues amérindiennes. Elles sont des cris d'imploration et d'incantation.

Les Algonquins étaient de fiers guerriers, ils haïssaient les lâches et les fourbes, Ils leurs avaient même donné un surnom dans la langue de leurs envahisseurs: Black Snake! Les Black Snakes aux charmes des serpents noirs et visqueux, par petits groupes, pratiquaient dans des danses isolées, L'hypnose par l'eau de feu. Ils ont finit par détruire cette nation structurée. Voilà toute l'histoire des tribus Cheyennes que m'a contée mon traducteur, rajoutant: Méfie toi des envahisseurs, Des pratiquants de la fourberie des petits quotidiens, méfie toi en, même et surtout en amour.

Les Cheyennes union de deux groupes: (Tsétsêhéstâhese = Tsitsistas, et Só'taeo'o = Só'taétaneo'o = Suhtai = Sutaio), sont des indiens des plaines des Etats-Unis. Dirigée par deux conseils, dont l'un stictement militaire, la tribu cheyenne était organisée en clans exogames, matrilinéaires, et matrilocaux, et en phratries. Vivant dans des tepees (tentes coniques), ils pratiquaient surtout la chasse du bison et le travail de la peau, sauf pour un second groupe qui cultivait le mais sur les bords du Missouri. Le chamanisme ainsi que les cérémonies des 4 flèches et du soleil jouaient un rôle important. Les réserves cheyennes sont dans le Montana et l'Oklahoma.

En 1876, malgré le traité de Fort Laramie, de plus en plus de chercheurs d'or sont attirés par l’or découvert en 1874 dans les Black Hills (Dakota du sud). On a bien essayé d'acheter ce territoire, mais ces montagnes sont sacrées, et les indiens refusent de les vendre. Sioux, Cheyennes et Arapaho agacés par ces intrusions sur leur territoire, sont réuni en campement auprès de la rivière Little Bighorn. L'armée est envoyée pour tenter de faire rentrer les indiens dans leurs réserves. Custer avec une colonne de 209 hommes, arrive le premier sur place, et sans attendre le reste de la troupe, décide d'attaquer. Lui et tous ses soldats seront massacrés.

Des femmes dont Pretty Nose participent à cette bataille. On pense qu'elle faisait partie du groupe des Cheyennes placés sous les ordres de Little Wolf. Laton Alton Huffman prend cette photo en 1878. Wikipedia assure qu'au vu de sa tenue elle est Arapaho et que la photo date de 1879. Je m'en remet aux nombreuses autres sources qui intitulent la photo: Pretty Nose, Cheyenne, photographiée par Laton Alton Huffman à Fort Keogh dans la Montana en 1878, pour dire que c'est une Cheyenne.

Pour moi de toutes façons elle est et restera Cheyenne! Elle a tous les traits que j'imaginais pour cette traduction si difficile à trouver. Son image, mêle à la réalité toute la puissance de l'imagination, une imagination qui ici suivant les sources, aura fabriqué deux réalités: celle de sa tribu et celle de la date exacte de cette photo. C'est à l'évidence bien elle qu'il me fallait! Tout comme le mot "cheyenne" cette photo est une très belle invitation au rêve!

Pretty Nose, Cheyenne, 1878, par Laton Alton Huffman

Traduction du poème (explications)

1.Ta’se, Ne-amôhóomâhtséstoto.
Like Your reflection. (mirror implied)

2. Kásôxe'ohe, Na-háe-momé'hemenó’to'e,
Poem, my very beautiful.

3. Naa oha, é-nêšévo-hová'âhanéheotse.
But, it quickly disappears.

4. Na-ho'óxeve, “Né-méhotâtse.”
My last, “I love you.”!

Reference:

1. Your image in the mirror
ne-amôhóomâhtséstoto amôhóomâhtsestôtse

2. Is my most náno'se - pv. Best; most, supreme. See: háe-; hoháe-; hehpe-; heóme-.
é-náno'sepêhéva'e It is the best. Hé'tóhe tsé-náno'setotóxésto the main thing she talked about (1987:12). Tsé-náno'setotóxem Category: quantity.
beautiful momé'heme- pv. Beautifully ? See: -mo'óna'e.
é-momé'hemenóno'e It is desirable (lit. Has beautiful appearance ?).
poem, -kásôxe'ohe vii. Be written short. é-kásôxe'ohe It is written short
(for example, something written which is a short piece).

3. But, naa
be quick it disappears, -nêševó vii. Be fast. é-nêšévo It is fast/it is rapid.
-nêševe'xove vii. Time go fast. Time is “flying”.
-nêševeotsétó vii. Be fast; rush. Naa éohkevésetanoo'o ta'se é-nêševeotséto héstanovestôtse (now people) are in a hurry, like life is rushed (1987:224).
it disappears: -hová'âhanéheotse vii. Disappear; become gone. Nássáahéne'enóhénóne
tsétâhešê-hová'âhéheotse We did not know how it had disappeared. (1987:195).
vii. Vai. Lost, disappear. Néhe éévamâhe-vona'oo'o these all disappeared (1987:14).
éto'sepêhévo'amó'héto éto'sêsáa-vona'óhane. All will go well, it will never be
Lost (1987:104). Final: -a'ó.

4. It's my last -hestóxévétó vii. Be last. é-hestóxévéto It is last/it is behind.
-ho'óxeve vii. Vai. Be the last one; be at the end. é-ho'óxeve He is the end/he is the last one in line/it is the last one in line.
hestóxe- pv. Last. See: ho'óxe. Tótseha éhováneehéhe éovóehovánee'e heéháme é-hestóxêhováneehóho. Long ago she died, she died first; her husband died after (her).
“I love you”! Né-méhotâtse. I love you. Né-méhotatséme. I love you (plural).
Langues algonquiennes
Ojibwe - Delaware - Abenaqui - Cree - Outaouais - Mohican - Arapaho - Gros-ventre
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